Être une femme en 2019
Vie de famille

Être une femme en 2019

Si le titre peut paraître provoc, le contenu de l’article ne l’est pas au demeurant. Que peut-on attendre pour la gente féminine en 2019 ? Quelles sont mes attentes en tant que femme ? Quels souhaits pour cette nouvelle année ?

La parité, un bon début mais pas assez

On nous rabâche les oreilles avec la parité, les mêmes salaires, la répartition des genres dans les entreprises. C’est un bon début pour faire avancer la cause féminine. En effet, il est bon de s’interroger sur les professions à dominante masculine ou féminine. Logique absurde (puériculture à dominante féminine car le fameux improbable instinct maternel), cause historique (la force masculine dans le bâtiment) ou simplement machisme sociétal (combien de dirigeants d’entreprise au CAC40 sont des femmes ?), c’est un fait. Certains métiers sont dominés par l’un de deux sexes, et majoritairement par celui qui fait pipi debout dès qu’on monte dans les échelons de la société et des rémunérations. Vouloir la parité, c’est remettre en question les habitudes, bousculer les évidences et remettre à plat la logique parfois démago et macho de notre société : un homme a-t’il plus de compétences pour diriger une équipe qu’une femme ? Une femme a-t’elle plus d’empathie pour les enfants qu’un homme ? J’en doute vraiment et très fortement. D’ailleurs, je pars d’une évidence : tout ce qui est systématique est con, la norme n’existe pas.

La parité, ce n’est pas assez. Quel intérêt de maintenir des quotas pour le simple fait de respecter une règle mathématique ? Pourquoi avoir besoin de chiffrer ces répartitions afin de se rassurer ? A quand un accès à toutes les professions en fonction de ses compétences et talents ? C’est de la pure utopie, peut-être, mais ce serait d’une plus grande logique que de forcer les choses en demandant des quotas systématiques.

Les femmes qui veulent être les égales des hommes manquent sérieusement d’ambition.

Je suis pour la parité mais pas dans ce sens absurde. La vraie parité, c’est de pouvoir faire ce qu’on souhaite, qu’importe ce qu’on possède entre ses jambes.

Devenir qui on veut être

Ce serait cela aussi, ma vraie motivation pour 2019. Devenir celle que je veux. Sortir des prismes de l’éducation, du politiquement correct, de la famille : ne pas être juste une maman, juste une femme, juste une conjointe, juste une salariée. Je sais que, si je veux me consacrer à mes enfants ou, à l’inverse, me dédier à mon travail, ma moitié suivra mon envie pour me laisser jouir de ma liberté d’exister. Cela reste cependant anecdotique à l’échelle des femmes, nous sommes souvent cantonnées aux petites besognes, à l’éducation et l’accueil des enfants, aux tâches ménagères…

La parité dans le foyer, c’est possible. Il faut en discuter avec votre conjoint, lui demander de s’investir. J’en ai fait l’expérience, ce qui semble logique pour nous est moins évident pour eux, la meilleure manière de dissiper ses frustrations et de vaincre ses craintes reste la communication. Avoir de l’aide au quotidien, pouvoir laisser faire l’autre, le laisser se tromper aussi ou faire « moins bien » que soit, c’est lâcher prise avec efficacité. Le bénéfique rejaillira sur vous deux, c’est certain et tout le monde grandira.

Je veux, pour cette nouvelle année, qu’on puisse faire avancer les choses chez nous, à notre échelle, pour nous sentir mieux dans notre peau, dans notre couple, dans notre famille, dans le monde. Osons demander si nous voulons recevoir et taillons en pièce les évidences.

L’éducation des garçons et des filles

L’autre point d’actualité en 2018 a été les nombreuses manifestations pour défendre les droits des femmes, on se rappellera pendant longtemps le hashtag #BalanceTonPorc qui a permis à de nombreuses femmes de se libérer du silence. Qui n’a jamais été agressée, insultée ou violentée par un « homme » ? Cela doit se compter sur les doigts de la main.

J’ai peur pour ma fille

Avoir une fille au 21ème siècle, c’est avoir peur pour elle. L’IEF me permet au quotidien de m’émerveiller de son intelligence et de la pousser à son rythme pour qu’elle développe encore plus son esprit critique et sa réflexion tout en renforçant sa confiance en soit. Elle est belle, blonde, élancée, un petit canon de beauté que tout le monde nous fait remarquer. Et cela me fait peur ; si des gens inconnus voient aussi cela, des gens mal intentionnés aussi voient la même chose mais les conséquences dans ce cas ne sont pas les mêmes…

Nous exerçons déjà un contrôle de leur e-réputation et des photos qui filtrent sur le web aux sujets de nos enfants mais, IRL, c’est impossible. La seule défense reste l’attaque et l’éducation : lui apprendre à se défendre, la maintenir éveillée intellectuellement, lui montrer les techniques de manipulation mentale (merci Tonton) mais aussi et surtout lui faire comprendre ses droits et ses devoirs. Armée de son expérience et de son intellect, j’espère qu’elle pourra affronter demain sans trop de bobos.

J’ai peur pour mon fils

Et puis, fin d’année 2017, un petit garçon a été la nouvelle surprise au sein de notre famille. Une grosse surprise, tout le monde attendant une petite sœur mais son sourire et sa gentillesse lui ont ouvert les portes de nos cœurs. Pour lui aussi, je me pose des questions – et mon mari mille fois plus. Le problème remonté pendant cette année à propos des relations hommes femmes est simple : les garçons sont éduqués à être machos, sans considération pour la gente féminine et méprisants. Certes, il y a des cas psychologiques à prendre en compte mais, dans la grande majorité, je suis intimement convaincue qu’ils sont tous trop innocents (ou niais, c’est selon) pour ne pas voir le mal dans leurs blagues douteuses et leurs comportements malsains.

Avoir un fils, c’est vouloir faire bouger les choses à sa propre échelle. Le fait qu’il ait une grande sœur lui permettra déjà de voir ce qu’est une fille et à fortiori une femme à notre époque. Mais cela ne suffit pas. Il devra être aussi intelligent qu’elle dans ses rapports avec ses homologues, en se gardant bien de dépasser la limite entre l’humour et le mauvais goût. Au final, il aura encore plus de poids sur ses épaules que ma fille : il devra à la fois être un vrai homme qui saura considérer la femme comme son égal et faire en sorte d’éduquer ses homologues pour leur inculquer la vraie valeur des femmes.

Tu auras du mal mon fils, il te faudra du courage mais ce pour quoi tu te battras en vaut vraiment la peine. Les femmes portent le monde et celui à venir.

Je le pousserai peut-être un peu, j’espère qu’il sera intimement convaincu de la justesse de ce combat mais cela me fait peur. S’opposer à la masse est toujours risqué sur tous les plans, l’exemple de Nicolas Hulot dans les hautes sphères politiques suffit à le démontrer sur un autre sujet. Alors oui, j’ai des craintes pour lui, en même temps qu’une immense fierté par ce qu’il sera amené à faire à l’avenir. Parce que, pour défendre les femmes et s’opposer aux petits hommes, il faut de vraies couilles.

Et vous, quelles sont vos attentes pour cette nouvelle année ?

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Amber

Mensurations : 1982, maman de deux enfants, mariée à un mâle alpha, nomade digitale et rédactrice web de état.

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